Marvin Gaye: Une référence dans le monde musical
juillet 30, 2015

Marvin-Gaye

Marvin-Gaye

Plus de trente ans après son décès, ce virtuose fragile, chanteur et auteur-compositeur, qui maîtrisait la musique sans la lire, accompagne et inspire toujours des générations de musiciens et de couples dans leur célébration de l’amour.

Par Sandro CAPO CHICHI / Nofipédia

L’enfance

Marvin Pentz Gay Jr. est né le 2 avril 1939 à Washington DC aux États-Unis. Il est le deuxième enfant du Révérend Marvin Pentz Gay Jr et d’Alberta Gay (née Cooper), une domestique. Il grandit dans un quartier pauvre. Son foyer ne l’est pas moins, son père ne gagnant que très peu d’argent et dépendant des revenus de sa mère.
L’enfance de Marvin est difficile. Son père, violent avec sa femme et ses enfants en général, l’est surtout avec le futur chanteur. Celui-ci le lui rend, étant particulièrement rebelle face au comportement abusif de son père. À cinq ans, il apprend le piano. Il fréquente régulièrement l’église, où il s’exerce à la musique en chantant et en pratiquant le piano et la batterie.
À cause de la religion stricte que son père impose à ses enfants, la House of God, un mouvement religieux mêlant pentecôtisme et judaïsme, Marvin ne peut se faire beaucoup d’amis. Au lycée, bien que timide et effacé, il sociabilise toutefois davantage.
Entre-temps, Marvin se prend d’intérêt pour les standards de la chanson d’amour populaire. Il participe à des concours de musique lycéens et forme un groupe de doo-wop, les DC Tones, avec cinq autres de ses camarades. Son père, qui méprise ce type de musique, essaye de l’empêcher de s’y intéresser. Malgré tout, le jeune Marvin poursuit ses répétitions et parvient même à braver la vigilance paternelle pour aller voir en concert des célébrités telles que Clyde McPhatter, The Platters ou James Brown, qu’il se jure de surpasser un jour, tant dans leur célébrité que leur liberté.

L’indépendance

Supportant de moins en moins la violence physique et psychologique de son père, Marvin quitte le domicile familial à 17 ans, soit un an avant la fin de son cursus lycéen.
Son camarade des DC Tones, Reese Palmer, l’invite à rejoindre son nouveau groupe, « The Marquees », avec James Nolan.
Le groupe se voit ensuite offrir un contrat avec la Columbia pour une chanson Wyatt Earp qui n’a toutefois pas le succès escompté.
Marvin doit travailler dans un terrain de golf et dans une intendance militaire.
Dans cette fin des années 50, la situation de Marvin s’améliore avec la rencontre d’Harvey Fuqua, un nom déjà établi dans le monde du Rhythm & Blues. Impressionné par le talent de Marvin, Harvey Fuqua invite ce dernier à le rejoindre à Detroit où il a créé son propre label.

Le début du succès

Peu après, par le biais de la fiancée d’Harvey, Gwen Gordy, Marvin obtint un contrat un contrat, en tant que batteur, avec Tamla Motown, un label au succès grandissant, dont le président, Berry Gordy, est le frère de Gwen. Après quelques participations à des disques d’autres musiciens, il se rapproche d’Anna Gordy, sœur de Berry. Peu après, il enregistre son premier album : The Soulful Moods of Marvin Gaye, une compilation de reprises qui sera un échec.

Entre-temps Marvin a rajouté un « e » à son nom de naissance, à la fois en hommage à Sam Cooke, né Cook, mais aussi pour éviter l’association de son nom à l’homosexualité. Il enchaîne avec des titres plus rhythm & blues tels que Stubborn Kind of Fellow et Hitch Hike. Bien que peu à l’aise avec ce genre de musique, il sort Pride and Joy en 1963 qui est son premier succès. Ce titre est inspiré d’Anna Gordy, son aînée de dix-sept ans, avec qui il se marie la même année.

Mais c’est en 1964, année de sortie de son premier album, que le succès explose. Il enregistre des duos avec quelques partenaires féminins, comme Diana Ross, avant de rencontrer Tammi Terrell. Il s’agit d’un véritable coup de foudre artistique et le duo accumule les succès. Les États-Unis sont séduits par ce nouvel artiste plein de charisme doté d’une voix mélodieuse.

En 1966, il adopte un garçon, Marvin II, enfanté par Denise, la sœur d’Anna, que le couple présente officiellement comme le fruit naturel de leur amour. Mais en 1967, Tammi s’effondre en plein concert dans les bras de Marvin en raison d’une tumeur au cerveau.
L’année suivante, en 1968, il obtient un succès retentissant avec le titre I Heard it Through the Grapevine, reprise de Gladys Knight and The Pips, qui sera en tête des charts.  
Mais Marvin va mal : sa moitié artistique, Tammi, est gravement malade et mourra en 1970 ; son frère Frankie est retenu au Vietnam et son couple avec Anna Gordy bat de l’aile. Il envisage d’abandonner la musique pour le sport. Il a des tendances suicidaires.

Au début des années 70, Marvin rencontre le succès avec la sortie de l’album What’s Going On, un concept-album qu’il a entièrement composé et comprenant plusieurs chansons qui ne cesseront d’être reprises au cours des décennies suivantes. Ce véritable chef d’œuvre est le résultat d’un bras de fer où Marvin a dû imposer sa vision artistique à la Motown. Malgré le refus initial de Berry Gordy, l’album sort et devient un classique. Il y dénonce la guerre et la brutalité policière, et rompt avec les chansons d’amour qui lui étaient imposées jusqu’alors. Cet album, très novateur pour l’époque lui permet de se débarrasser de son image de sex symbol et d’être considéré comme un des grands compositeurs de soul, sera une référence pour de nombreux artistes qui n’auront désormais plus à subir les contraintes artistiques de leurs maisons de disques.

En 1972, il revient à Washington où il renoue avec ses parents et où il se sépare de son épouse. Il y commence une liaison amoureuse avec une jeune femme de 16 ans, Janis Hunter. De cette liaison naît, deux ans plus tard, leur premier enfant, une fille prénommée Nona. L’année suivante naît leur premier fils, Frankie. Marvin déménage alors en famille à Los Angeles. Mais ses finances se vident lorsqu’ Anna demande le divorce en 1975.
Entre-temps, il a sorti Let’s Get It On (1973) : il entreprend dans cette œuvre d’associer l’extase charnelle à un rapprochement avec Dieu ; ainsi ce disque, au premier abord irrévérencieux dans un contexte d’Amérique puritaine, est en fait l’expression d’une foi spirituelle très profonde.
I Want You (1976), inspiré de sa romance avec Janis, et Here My Dear (1978), inspiré de sa rupture avec Anna.
Mais la situation financière de Marvin se dégrade lorsque Janis demande le divorce à son tour en 1979. Marvin part en tournée mondiale. De retour d’un voyage, il s’arrête à Hawaii qu’il refuse de quitter et où il vit dans un van comme usant et abusant de la cocaïne. Il refuse notamment de se réconcilier avec Janis, qu’il menace lors de sa venue sur l’archipel.
En 1980, il quitte Hawaii pour s’installer en Angleterre. Après que Motown a enregistré un de ses disques sans son consentement en 1981, In Our Lifetime, il coupe les ponts avec son ancien beau-frère et sa boîte de production.
La même année, ayant signé avec la maison de disques CBS Records, Marvin part pour Ostende, en Belgique. Il y améliore son hygiène de vie et il y renouera des liens avec Janis. Le chanteur repart en tournée en Angleterre à l’été 1981.

Il fait appel à Harvey Fuqua et Gordon Banks pour réaliser, en 1982, son album Midnight Love dont est issu Sexual Healing, succès planétaire qui sera repris de nombreuses fois.
Il retourne s’installer à Los Angeles, mais les choses se gâtent de nouveau et Marvin Gaye retombe en dépression, tant et si bien qu’il réintègre le foyer de ses parents.
Sa mère est hospitalisée pour être opérée du foie. L’opération se déroule sans accroc et Marvin, revenu aux Etats-Unis pour l’occasion, s’installe avec ses parents, dans la maison californienne qu’il leur avait offerte dans les années 70. Mais le chanteur retombe dans la dépression, partageant sa vie, après une tournée américaine et un Grammy Award obtenu en 1983, entre cocaïne et paranoïa.

Esseulé socialement et obsédé par la mort, il est tué d’un coup de revolver par son père le 1er avril 1984, après une violente dispute entre les deux hommes.
Son père est condamné à cinq ans de prison et sa mère meurt trois ans plus tard. C’est donc dans ce contexte contradictoire de la gloire extérieure et de la déchéance intérieure que Marvin Gaye est tué par celui qui lui a donné la vie. Cet homme dont il a voulu se détacher en altérant son nom, mais dont il s’est rapproché en lui offrant une maison et un revolver, le théâtre et l’instrument de sa mort.

Sa dernière apparition publique a lieu lors du NBA All Star Game en 1983.

-Source: http://nofi.fr/nofipedia/marvin-gaye


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