PORTRAIT PRISCA EFOMI
juillet 16, 2020

Amani Media reçoit PRISCA EFOMI, Présidente de « PRISCA EFOMI FONDATION »

AM : Bonjour Mlle PRISCA, pouvez-vous nous parler de vous ? Qui est PRISCA EFOMI

Prisca Efomi : Je suis Prisca Efomi, avant-dernière d’une famille de 8 enfants. Native de Kinshasa, j’ai 24 ans.

A l’âge de 6 ans, mon monde s’était presque écroulé après mon douloureux accident de circulation. Je me suis donc retrouvée amputée d’une jambe et j’ai grandi avec ce handicap, qui fait entièrement partie de ma vie.

AM : Comment vous vous décrivez au-delà de votre handicap ?

Prisca Efomi : Mon handicape ne m’a pas enlevé les valeurs qu’une femme devrait porter. J’ai le bon sens, le savoir-faire, talentueuse et ambitieuse, et bien d’autres qualités à découvrir

AM : A vous voir vous dégagez une énergie positive autour de vous, comment vous arrivez à vous dépasser de votre handicap physique ?

Prisca Efomi : C’est une question de décision. J’avais décidé de faire face à cette tragédie et avancer. J’avais refusé que cette situation me vole mon rire naturel que Dieu m’a gracieusement donné. Je voulais donc profiter de la vie et tout ce qu’elle de meilleur à m’offrir.

AM : Pour y arriver il faut surement avoir une source de réconfort plus forte que vous, afin de vous maintenir, pouvez-vous nous en dire plus ?

Prisca Efomi : Je me suis considérée comme celle qui doit devenir une source de bénédiction pour les autres, plutôt que de m’apitoyer sur mon sort, je me suis mise à la disposition des autres. Je viens en aide aux plus démunis que moi, les orphelins, les personnes vivant avec handicapes, les enfants de la rue, les vieillards.

AM : Qui dit handicape, parle des difficultés multiples et quotidiens, comment vous vivez avec les vôtres et vous faites comment pour les surmonter ?

Prisca Efomi : Pour être sincère avec vous, vu que j’ai connu cet accident très tôt à l’âge de 6 ans, grâce à ma famille et surtout par la force que l’Eternel m’a donnée, j’ai su développé une force de caractère qui m’a poussé à me valoriser avant le monde le fasse par pitié.

Aujourd’hui, je crois à l’intégration et réinsertion des personnes vivant avec handicapes dans notre société congolaise. Je crois fermement que les droits des personnes vivant avec handicapes soient dits comme pour tout citoyen normal, et avec un sentiment de caricature ou de pitié pour personnes avec handicapes.

AM : Qu’est-ce que votre Handicap vous a apporté de positif ? Quelle leçon avez-vous retenue de votre expérience ?

Prisca Efomi : Parlant des leçons que j’ai apprises, je crois qu’il ne faut jamais se présenter comme une femme handicapée, mais plutôt comme une personne vivant avec un handicap. Ca ne doit jamais $être un moyen d’attirer la compassion ou sympathie. Jamais je ne dois l’utiliser comme une monnaie d’échange pour accéder un avantage quelconque.

Je perçois toujours mon handicap comme un don de Dieu que beaucoup n’ont pas et je ne peux refuser un don venant de Dieu. C’est quelque chose qui m’appartient et fait partie de ma personnalité. Grâce à elle, j’apprends à me découvrir, à développer des facultés que je ne pouvais le faire en étant une jeune femme normale. J’ai une autre vision de la vie, de l’amour, de la souffrance et du bonheur.

AM : Vous aviez dit au début que vous aidez les plus démunis, les orphelins, les personnes vivant avec handicap comme vous, comment vous vous y prenez ?

Prisca Efomi :

C’est depuis 5 ans officiellement que j’ai lancé ma fondation qui porte mon nom « Prisca Efomi Fondation ». Avec mes économies et l’argent que je pouvais gagner grâce à mes prestations en tant que Mannequin et délégué commerciale, je gardais une partie pour payer les frais scolaires de quelques orphelins, acheter des béquilles pour les personnes vivants avec handicapes, les femmes veuves bénéficient aussi des quelques dons en natures que je fais généralement chaque fin du mois.

J’ai aussi lancé quelques collectes des fonds en faveurs de toutes ces catégories des personnes que je viens de citées. Une fois la Fondation a une enveloppe consistante, nous ciblons les autres associations d’assistance sociale avec qui nous sommes en partenariat et nous organisons nos descentes pour déposer l’aide en fonction des besoins répertoriés.

AM : Avant de conclure avec le fonctionnement de votre fondation, nous savons que tout handicap expose aussi à plusieurs dangers et vous rend vulnérable même sur le plan professionnel, quel est votre plus mauvais souvenir causé par votre condition ?

Prisca Efomi : Je n’aime pas trop en parler, mais je vais quand même le mentionner. Souvent les gens pensent que quand nous passons à la télé pour faire des campagnes des collectes de dons ou de fonds pour la fondation, nous gagnons des millions pour nous, et ils développent une forme de jalousie qui les pousse même à nous agresser physiquement.

J’ai été enlevée deux fois juste après mon passage à la télé où j’ai été invitée pour parler de notre projet de la Fondation et de collecte des fonds. Mes kidnappeurs m’ont demandé de leur donner de leur donner de l’argent et j’en avais beaucoup, vu que je passe à la télé et la fondation fait des dons. Ils m’ont séquestrée, ils ont pris mon téléphone et mon sac, et m’ont abandonnée dans la route.

Une troisième fois, j’ai échappé belle grâce à un fou qui criait sur moi à deux reprises, quitte ici, on vient de chercher, je ne comprenais pas ce qu’il disait, mais il insistait quitte ici, traverse là-bas on vient te chercher, et quand j’ai traversé, une jeep Prado noire est passée là où j’étais avec le fou, ils ont baissé la vitre et m’ont dit «  tu as de la chance, et sont partis à vive allure. »

Certes nous sommes confrontés à plusieurs difficultés, surtout en tant que femme comme toute autre femme normale d’ailleurs, mais cela ne peut pas nous empêcher de vivre nos rêves, de travailler et de réaliser nos projets.

AM : Revenons à votre Fondation, elle fonctionne comment ?

Prisca Efomi : Notre Fondation encadre des personnes vivant avec handicap, les enfants vulnérables. Notre objectif est de faire parvenir nos dons (en biens, formations, matériels médicaux) et l’assistance nécessaire dans toute République Démocratique du Congo.

Notre but est celui de faire valoir les droits des personnes vivant avec handicap comme tout justiciable.

Notre champ d’action est élargi à la culture, l’éducation, la santé, l’environnement et la formation.

AM : Prisca Efomi, Amani Media Vous remercie

Prisca Efomi : C’est moi qui remercie sincèrement.


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